Zonare, XIII
voqué par Julien, prétendait l'avoir entendu affirmer par Elpidius, qui fut préfet du prétoire d'Orient sous Constance, en 361 . D'après le récit prêté par Polyclète à Elpidius, Julien aurait donné de riches parures, héritage de sa mère, aux médecins qui soignaient Hélène pour les décider à l'empoisonner f . Considérons ce récit comme une fable, mais ajoutons : il suffit que de telles rumeurs aient trouvé créance, et aient eu besoin d'être réfutées 2 , pour montrer l'opinion que le public s'était
^ faite de l'amour conjugal de Julien.
Dans une lettre de Julien, récemment découverte, se rencontre une phrase, qui laisse le champ ouvert à bien des conjectures : « Je prends à témoin tous les dieux et toutes les déesses, que je n'aurais pas supporté que quelqu'un fit connaître au public quels étaient mes rapports avec ma femme 3 . » Nous n'essaierons pas de deviner ce que signifient ces paroles, et nous leur attribuerons, comme le plus probable, un sens tout à fait anodin 4 . Mais, jetant un dernier regard sur la pâle figure de l'épouse de Julien, ombre légère qui passe à l'horizon de l'histoire, enveloppée de l'auréole d'un
\ lent et secret martyre, nous nous figurerons assez aisément ce que dut être sa vie. Mariée, déjà mûre & , à un homme qui ne l'aimait pas, chrétienne, ayant grandi