Zonare, Ann., XIII
faveur de tous, et de ne trouver point d'opposants, feignait d'adhérer au culte chrétien dont il s'était secrètement détaché 4 . » Le 6 janvier était la fête de l'Epiphanie. Julien se rendit à F église avec les fidèles, pria en leur compagnie, participa peut-être aux sacrements 2 . Ce sacrilège fut son dernier acte de christianisme.
On se rappelle la relation faite par Julien des circonstances de son usurpation 3 . Écrivant, en 361, aux Athéniens, il raconte qu'au moment où des troupes investirent le palais, il se trouvait « dans une chambre de l'appartement de sa femme, encore vivante *. » Cette seule allusion à son veuvage se rencontre dans ses écrits, V pourtant si prolixes. Hélène mourut à Vienne, avant la fin de 360. Ammien rapporte cette mort en passant, comme un événement de nulle importance 5 . Il ne dit point à quelle maladie la princesse succomba. Des bruits de diverse sorte coururent alors. Les uns racontèrent qu'elle était morte en couches. D'autres prétendirent que Julien l'avait répudiée, ou même l'avait fait empoi- / sonner 6 . La répudiation est invraisemblable, et l'empoisonnement est certainement une calomnie. On en parlait encore, cependant, quelques années plus tard. Un ancien gouverneur de Phénicie, Polyclète, nommé, puis ré-
1. a Utque onines, nullo impedienle, ad sui farorem iiliceret, adhœrere collai chrisliano fingebat, a quo jampridera occulte descrrerat...» Ammien Marcellin, XXI, 2.
2. a Et ut h»c intérim celarentur, feriarum die, quem célébrantes mense janaario christiani Epiphania dictitant, progressas in eorum ecclesiam, solemniter numine orato discessit. » Ibid.