‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 241 sur 296 · Socrate · texte numérisé non relu

Socrate

4. Julien, Ep. 52; Hertlein, p. 560; Socrate, III, 1; Ruûn, I, 27.

parti, ou semi-ariens, qui les uns par faiblesse, d'autres de bonne foi, essayèrent de tenir le milieu entre la stricte orthodoxie et F a nanisme, cédant sur la forme dans l'espérance de préserver le fond, comptaient aussi dans l'exil d'illustres représentants, comme Basile d'Ancyre, Eleusius de Cyzique, Silvain de Tarse, Eustathe de Sébaste. Des bannis d'une renommée très différente attestaient encore la sévérité de Constance : c'étaient des hérésiarques, Photin, qui avait renouvelé les erreurs du sabellianisme en niant la Trinité, et Aétius, devenu compromettant aux ariens eux-mêmes pour avoir poussé jusqu'à leurs dernières conséquences logiques les idées d'Arius. Toutes les nuances de doctrine et de conduite, les extrêmes aussi bien que les intermédiaires, se trouvaient, de la sorte, représentées dans l'exil. Rappelant indistinctement tous les bannis, Julien se donnait des apparences de libéralisme, mais, en réalité, préparait une suite interminable de conflits, car beaucoup d'exilés, à leur retour dans leurs églises, devaient trouver occupés par d'autres les sièges d'où ils avaient été chassés 1 .

Il faut ajouter que, tout en prétendant et peut-être en croyant sincèrement tenir la balance égale, Julien favorisait néanmoins les hérétiques. L'un des exilés que son édit fit revenir était Aétius, dont nous avons déjà parlé. Mais Julien, en le rappelant de Pamphylie, où il était relégué, lui montra des égards extraordinaires. Sans doute, il se souvenait de l'affection que son frère Gallus avait eue pour Aétius, et des rapports personnels que lui-même entretint avec ce personnage lors de son

1. Voir les exemples cités par Tillemont, Mémoires, t. VI, p. 497-498.

séjour de jeunesse en Asie 1 ; mais probablement aussi était-il prévenu en sa faveur par le rôle dissolvant qu'il le voyait jouer dans l'Église. Dès le mois de janvier 362 2 , il l'invita, dans une lettre pressante, à venir à la cour. « Un décret commun, lui écrivit-il, à tous ceux qui ont été bannis par le bienheureux Constance à cause de la folie des Galiléens 3 , les a relevés de leur exil. Pour toi, je ne me borne pas à t'en relever, mais, me souvenant de notre ancienne connaissance et de notre liaison, je t'invite à te rendre près de nous. Tu te serviras de la poste publique jusqu'à mon armée, avec un cheval de renfort. » Le mot « armée 4 » ne doit pas nous induire en erreur, en nous faisant donner une date tardive à cette lettre : l'armée de Julien campait réellement au commencement de son règne à Constantinople ; d'ailleurs, les empereurs romains employaient cette expression pour désigner leur cour. Julien s'en est servi luimême en parlant de celle de Constance 5 . Il donne dans la suscription de sa lettre le titre d'évèque à Aétius 6 : celui-ci parait cependant n'avoir reçu d'un concile hérétique la dignité épiscopale qu'après son retour 7 . L'historien Philostorge rapporte que Julien fit présent à Aétius d'un domaine dans l'Ile de Lesbos 8 . Julien

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