Philostorge, IX
envoya aussi une lettre élogieuse à l'hérésiarque Photin, le déclarant « bien près d'être sauvé, » et le louant « d'avoir nié que celui qu'on avait cru Dieu ait pu prendre chair dans le sein d'une femme 1 . »
L'autorisation de se servir de la poste impériale, accordée spontanément par Julien à Aétius, marquait d'autant plus clairement son amitié pour celui-ci, qu'à peu près à la même époque, et au moment où il rappelait les évèques exilés, l'empereur ôtait à tous les chefs du clergé chrétien le même privilège. Us en avaient joui sous les règnes précédents. Dès 314, rassemblant le concile d'Arles sur les affaires du donatisme, Constantin avait accordé aux évéques le secours des voitures publiques 2 , c'est-à-dire le transport, aller et retour, aux frais de l'État. On a encore le texte d'un des diplômes délivrés à cet effet 3 . Les prélats convoqués de tous les points de l'Empire pour assister au concile de Nicée avaient reçu la même faveur 4 . L'usage s'était ainsi formé, et, sous le règne de Constance, qui vit, pour la question toujours ouverte de l'arianisme, un continuel va-et-vient d'évêques d'Orient, et même d'Occident, allant de synode en synode, l'emploi de la poste impériale pour les dignitaires ecclésiastiques avait été poussé probablement jusqu'à l'abus. Les vicaires des préfets du prétoire et les
1. Le fragment de cette lettre, publié en latin par Facundua, Pro defens. trium capit., IV, 7, a été reproduit par Hertlein, sous le n° 79 de la correspondance de Julien, p. 605-606. —Sur les doctrines de Photin, voir Tillemont, Mém., t. VI, p. 328-329. — Autre allusion de Julien à Photin, dans saint Cyrille, Contra Julianum, VIII; Neumann, p. 214.