‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 258 sur 296 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Il resta donc, aussi longtemps que Julien ne le mit pas en demeure d'abjurer. Ce jour-là seulement, et avec une singulière vigueur, il se ressaisit. Le dénouement vint, après une discussion en règle entre l'empereur et le savant. Si Ton en croit saint Grégoire de Nazianze, Césaire parait les coups de son adversaire, repoussait ses attaques avec l'adresse et la facilité d'un beau joueur : il déchirait sans effort toutes les mailles de l'argumentation dans laquelle le royal controversiste essayait de l'enlacer. Le moment vint, cependant, où Césaire se lassa du combat de paroles dont son âme même était l'enjeu : et il termina brusquement la controverse, en s'écriant: « Je suis chrétien, et le resterai toujours. » Julien, qui reconnut en lui la ténacité des deux Grégoire, ne put, à cette parole, s'empêcher de dire : « L'heureux père! mais les malheureux enfants ! » Ne voulant pas, cependant, lâcher encore prise, et ne se résignant pas à se séparer de Césaire, il renvoya la suite de la discussion à une future audience : mais Césaire ne l'attendit pas, et, exilé volontaire, alla rejoindre sa famille enCappadoce 1 . Césaire est peut-être un des derniers fonctionnaires chrétiens qui soient sortis du palais. Sa retraite parait être du milieu de 362, un peu avant le départ de Julien pour l'Asie. Il y avait plusieurs mois que Julien, achevant l'épuration commencée dès son arrivée à Constantinople, avait mis tous ceux qu'il avait d'abord conservés dans la maison impériale en demeure de sacrifier ou de perdre leur emploi 2 .

1. Saint Grégoire de Nazianze, Orafio VII, 13. — Sur Césaire, voir Saint Basile, p. 63-65.

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