Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV
nom *; » on compta parmi eux « beaucoup de chefs illustres et d'hommes élevés en dignité, de ceux qu'on se fût attendu à voir céder par attachement aux honneurs ou par crainte de la disgrâce 2 . » Malheureusement leurs noms, certainement connus de tous au moment où saint Grégoire écrivait ces lignes, n'ont pas été conservés par les historiens. Parmi les officiers qui, « mis en demeure de sacrifier, aimèrent mieux déposer les insignes de leur grade que d'abandonner leur religion 3 , » on en cite deux que l'éclat de leur fortune future maintint plus que les autres dans le souvenir de la postérité, puisqu'ils devinrent empereurs. L'un est Valentinien, tribun dans la garde impériale *. Théodoret 5 et Sozomène 6 racontent qu'ayant reçu sur son manteau militaire une goutte d'eau lustrale, un jour que son service l'obligeait à escorter Julien au temple, il coupa publiquement le pan d'étoffe souillé par cette aspersion païenne, et le jeta à terre avec horreur. On ajoute qu'il fit de vifs reproches au prêtre des idoles, et s'emporta jusqu'à le frapper. Son indignation, que peut-être quelque complaisant avait fait remarquer au prince 7 , le trahit : on le somma de sacrifier. Il refusa. Sa dégradation fut prononcée 8 . L'au-