Sozomène, VI
7. Zosime (IV) dit que le philosophe Maxime l'accusa (peut-être dans cette circonstance) d'avoir manqué de respect aux dieux.
8. Socrate (IV, 1) ne parle que de dégradation, et dit même que pour Valentinien (comme pour Jovien] Julien s'en tint à la menace. Pliilostorge (VII, 7), Théodoret (III, 12), Sozomène (VI, 6) disent, au contraire, qu'il
tre officier dont la dégradation pour refus de sacrifice est racontée est Jovien, qui appartenait aussi à la garde de l'empereur 1 , et avait été, en 361, chargé de conduire à Constantioople le convoi funèbre de Constance 2 .
Dans les paroles empruntées tout k l'heure de saint Grégoire, il est question « des petits, de ceux qui font nombre, » c'est-à-dire, pour le sujet qui nous occupe, des simples soldats ou au moins des officiers inférieurs. L'historien Socrate, qui parle en deux endroits de l'alternative imposée par Julien aux militaires, semble indiquer, en effet, qu'elle s'appliquait sans distinction à tous ceux qui servaient dans Tannée, gradés ou non gradés. A première vue, on ne le comprend pas très bien pour ces derniers. Que la démission forcée soit pour un officier la plus cruelle des extrémités, nul n'y contredira ; et l'on comprend que Julien, comme avant lui Dioctétien et Galère, ait pu spéculer sur le combat qui devait se livrer dans le
fat exilé, soit à Thèbes en Egypte, soit à Mélitène en Arménie, d'où on le rappela iors de la guerre de Perse. 11 se peut que les historiens qui parlent d'exil (surtout Sozomène, qui place contre toute vraisemblance le fait à l'époque où Julien était encore en Gaule) fasseot une confusion arec une disgrâce éprouvée sous Constance, qui, en 357, rapporte Ammien Marcellin (XVI, 12), avait déjà ôlé à Valentinien un commandement qu'il exerçait en Gaule, et, selon Philostorge (VU, 7), l'avait alors envoyé servir en Mésopotamie. — Saint Ambroise (Ep, 13; Sermo de diversis, 2), loue la constance avec laquelle Valentinien confessa Jésus-Christ, et méprisa pour lui la cour et les honneurs du tribunat
1. Ammien (XVI, 16) le qualifie de protector do mes tiens. Rentré en grâce, comme on le verra, il deviendra en 363 dômes tiens ordinis primi (ibid., XXV, 5). — Sur les gardes du corps connus sous le nom de protectores dômes tici, voir Code Théodosien, VI, xxv. Une loi de Julien (ibid.y 1) a trait à cette milice.
2. Voir plus haut, p. 90. — Socrate (IV, l) dit que Valens fit le même refus que son frère Valentinien et fut aussi dégradé. Mais aucun autre historien, pas même Philostorge, si favorable cependant à Valens, ne rapporte ce fait, que l'on doit tenir pour douteux.
cœur de l'homme épris du métier des armes, en ayant fait toute sa carrière, y ayant mis tous ses rêves d'avenir et de gloire, et contraint d'y renoncer s'il veut demeurer fidèle à ses devoirs religieux. Mais il semble que la question se pose autrement pour les simples soldats, auxquels le service militaire semble le plus souvent un fardeau. Peut-être, cependant, en était-il autrement au quatrième siècle. Le service militaire durait alors pendant la plus grande partie de la vie d'un homme : après la libération, il engendrait encore, pour les légionnaires, des obligations et des avantages : c'était vraiment une profession. Le temps n'était plus des séditions comme celle qui éclata, sous Tibère, parmi les légions de Germanie 1 : le camp avait cessé de paraître au soldat un lieu d'exil : il était devenu une patrie, une ville, un foyer, où toutes ses affections comme tous ses intérêts avaient fini par se concentrer. Recruté désormais par des engagements volontaires plutôt que par la conscription, le soldat romain avait reçu la permission de se créer une famille : sa femme et ses enfants vivaient aux environs du camp, où lui-même n'était plus appelé qu'aux heures de service : des esclaves prenaient soin de ses armes et de ses bagages : des sociétés de plaisir ou de secours mutuel, dont la trace est fréquente dans les inscriptions, s'étaient formées entre militaires, et leur avaient fait connaître les charmes comme les avantages de l'association, si goûtés dans le monde romain. Peu à peu, autour de chaque castrum, avaient grandi de vraies cités, pourvues de tous les agréments de la civilisation. La vie se passait presque tout entière pour le soldat, soit dans les garnisons de