‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 271 sur 296 · Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V · texte numérisé non relu

Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V

d'admettre que de la part des païens de Pessinonte y répondait un ardent fanatisme. Il n'en était rien, cependant. Les païens de « la ville aimée des dieux, » comme l'appelle Julien *, étaient tièdes, et entraient dans ses vues sans aucune ardeur. Les prêtres euxmêmes manquaient de ferveur : quelques-uns poussaient l'indifférence jusqu'à laisser, sans s'émouvoir, leurs femmes, leurs enfants ou leurs serviteurs professer le christianisme 2 . Julien éprouva pour la première fois, pendant son court séjour à Pessinonte , le désappointement mêlé de surprise qu'il ressentira souvent durant son voyage à travers l'Asie romaine. D'après les rapports intéressés de ses flatteurs, il s'était imaginé qu'il avait suffi d'un mot de lui, ou au moins d'un édit de sa main, pour relever partout l'ancienne religion. Il avait cru que non seulement les temples, à son signal, allaient être matériellement ouverts, mais encore que les cœurs auraient aussitôt tressailli d'amour pour les dieux. Il s'apercevait, au contraire, qu'en beaucoup de lieux l'obéissance à ses ordres avait été purement extérieure, mais que rien dans les sentiments de la foule ne s'était trouvé changé. C'était pour lui une grande peine. Il le laissa voir à Pessinonte. Pour une affaire que nous ignorons, les habitants avaient imploré son aide. Peut-être la ville avait-elle souffert d'un tremblement de terre ou d'un incendie; peut-être demandait elle un allégement d'impôts. Julien fit sentir que ses grâces seraient au prix d'une recrudescence de ferveur religieuse. En quittant la ville, il écrivit au grand prêtre de Galatie : « Je suis

1. 'Ev t$ OeofiXel Deaaivovm. Julien, Ep. 21; Hertlein, p. 502.

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