Julien, Ep. 2; Hertlein, p
G. Saint Jérôme, Chron., ad ann. 364 ; Etuu\pe, p. 403.
circonstances exceptionnelles, et sous des prétextes divers, le sang chrétien y ait aussi coulé. C'est la persécution bénigne, insidieuse, qui n'attaque pas de front, mais emploie les moyens obliques. Elle travaille à semer les divisions, fait marché avec les consciences, les place entre l'intérêt et le devoir. Par une série de mesures, dont aucune n'est absolument illégale, mais qui, rassemblées, constituent la plus monstrueuse tyrannie, elle cherche à mettre peu à peu les chrétiens à l'écart de toutes les fonctions publiques, à leur ravir en détail leurs droits de citoyens, à les pousser doucement hors la cité, hors la loi. Elle affiche même la prétention de leur faire accepter cette déchéance comme un fait acquis, contre lequel il n'y a pas de recours. Une telle manière de procéder n'émeut pas l'opinion des indifférents; elle ne donne aux victimes ni l'occasion de résister par la force (le nombre des chrétiens l'eût aisément permis au milieu du quatrième siècle), ni celle de confesser plus éloquemment leur foi en se laissant immoler pour le Christ. Son plus grand succès sera de faire des résignés, c'est-à-dire, si elle y parvient, des vaincus.
La naïveté de certains chrétiens parut tendre à ce résultat. Dans leur haine de l'idolâtrie, ils s'applaudirent de voir Julien rendre difficile aux fidèles l'étude des classiques païens. « Malsaine et pleine de périls, disaientils, est la culture grecque, fondée sur la pluralité des dieux 1 . » Et ils ajoutaient que Julien, en fermant une source empoisonnée, avait accordé à l'Église le plus grand bienfait qu'elle pût attendre de lui. Quelques