‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 295 sur 296 · Socrate · texte numérisé non relu

Socrate

2. Saint Basile, Homilia XXII. —Voir l'analyse de ce discours dans mon Saint Basile, p. 181-185.

sa langue : il a craint qu'elle ne rendit plus irrésistible la réfutation de ses doctrines ; comme si nous ne méprisions pas tout l'attirail littéraire, et ne mettions pas notre confiance dans la seule force de la vérité ! « Il a voulu nous empêcher de parler grec ; il n'a pu nous empêcher de parler vrai 1 . » Mais cette indifférence affectée ne tient pas jusqu'au bout. Quand, après avoir passé en revue les principaux actes de Julien, il arrive aux mesures contraires à la liberté de l'enseignement, l'indignation qui couvait dans son sein se donne enfin libre cours.

« Nombreux et graves sont les motifs de haïr Julien ; mais sur aucun point il ne s'est montré plus haïssable. Qu'avec moi s'indigne quiconque aime l'éloquence et appartient comme moi au monde de ceux qui la cultivent! Car j'ai abandonné aux autres tout le reste, richesse, noblesse, gloire, puissance, tout ce qu'on recherche et rêve ici-bas : je m'attache à la seule éloquence, et je ne regrette rien des fatigues endurées sur terre et sur mer pour la conquérir. Plaise à Dieu que moi, et ceux que j'aime, nous la possédions dans toute sa vigueur; car je l'aime plus que toute autre chose, seules exceptées les choses divines et les invisibles espérances 2 ! »

Revenant sur ce sujet dans son second discours, saint Grégoire emploie, en s'adressant à Julien, une locution homérique : « Voilà, ajoute-t-il ironiquement, ce que t'envoient ceux que, par ta grande et merveilleuse loi,

1. 'ArrtxtÇetv (ièv éxwXwe, tô 8è àXTjôsvetv ou* foauoe. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, 5.

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