‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 31 sur 296 · Libanius, M rf Julianum consulem · texte numérisé non relu

Libanius, M rf Julianum consulem

un grand nombre, réduits depuis huit ans à la misère, infestaient les grands chemins, brigands ou vagabonds. Il leur ouvrit de nouveau les cadres de son armée, et de ces désespérés se fit des partisans, que ne devait retenir aucun scrupule.

Les mêmes soins s'imposaient à Constance, mais dans des proportions et avec des difficultés plus grandes. Installé, à ce moment, aux extrémités de l'Orient romain, Constance était très loin des contrées où armait Julien : de plus il se trouvait, à l'heure même, engagé dans une guerre active avec les Perses. Il lui fallait à la fois garder la ligne de l'Euphrate et celle des Alpes, la première contre Sapor, la seconde contre Julien. Pour subvenir, dit Ammien, « tout ensemble à la guerre extérieure et à la guerre civile 1 , » Constance fut obligé d'établir, dans les contrées qui lui étaient soumises, un impôt spécial, frappant indistinctement chaque citoyen : tous les rangs, toutes les professions étaient taxés et contraints de fournir des uniformes, ou des armes, ou des machines de guerre, ou des vivres, ou des chevaux, ou de l'argent 2 . En même temps il fit en Orient de grandes levées d'hommes, à la fois pour créer de nouveaux régiments de cavalerie et pour renforcer l'effectif des légions, qui étaient à cette époque réduites à moins d'hommes que ne comportait l'état normal de chacune 3 . Cependant, comme la nécessité immédiate de ses affaires le contraignait d'ajourner tout envoi de soldais en Occident, au point qu'il était même obligé d'appeler en Orient les garnisons de

1. « Parabantur nihilominus eiternorum atque civilium instrumenta beUorum. » Ammien Marcellin, XXI, 6.

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