‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 38 sur 296 · Ammien Marcellin, XXI · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXI

poste d'observation il attendait, non sans incertitudes, les mouvements de Sapor. Il eût aimé à tenter, en cette saison plus favorable, un nouveau siège de Bezabde; mais il craignait, s'il s'avançait trop en Orient, de laisser la Mésopotamie dégarnie de troupes. Il redoutait surtout d'exposer ses soldats, dont il aurait besoin tout à l'heure contre Julien 1 . Cette pensée lui interdisait de s'engager trop avant. Obligé de suivre les conseils de la prudence, et de ménager des forces qui, même victorieuses des Perses, auraient à combattre ensuite un ennemi nouveau, il dut se contenter d'envoyer en avant le maître de l'infanterie, Arbetio, et le maître de la cavalerie, Argilo,en leur donnant pour instructions de ne point exposer leurs troupes, d'éviter tout combat sérieux, et de battre en retraite dès que l'ennemi aurait fait irruption au delà du Tigre. Lui-même, avec le gros de l'armée, restait en seconde ligne, appuyé sur les places fortes de la Mésopotamie 2 .

Constance passa l'été dans cette situation purement défensive, l'œil fixé sur les Perses, et en même temps l'oreille attentive à tous les bruits venant de l'Occident. Bientôt il reçut la nouvelle des premiers mouvements et des premiers succès de Julien. Le passage de l'état de paix à l'état de guerre officielle se marque dans l'intitulé des lois promulguées pendant cette période de 361 : une loi du 18 juin l'est encore au nom de Constance Auguste et de Julien César 3 : une loi du 29 août ne porte plus que le nom de Constance seul 4 . C'est qu'à ce moment

1. « Alioquin ad civilia beila custodiens militem. » Ammien Marcelliu, XXI, 13.

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