‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 37 sur 296 · A m mien Marcellin, XXI · texte numérisé non relu

A m mien Marcellin, XXI

moderne, celui de son rival se présente sous un assez vilain jour. Julien, rompant la paix qui, si précaire qu'elle fût, avait depuis un an maintenu la tranquillité du monde romain, va se jeter brusquement sur Constance, au risque de l'empêcher de défendre les provinces orientales contre un ennemi plus redoutable pour celles-ci que ne l'avaient été pour la Gaule les Francs et les Germains : car eux cherchaient surtout à piller, et les Perses voulaient conquérir. Non seulement cette pensée ne l'arrête pas, mais elle ne semble pas même s'être présentée à son esprit. Il accuse Constance de soudoyer contre lui les Barbares, et ne craint pas de profiter des embarras que les Perses causent à Constance. Celui-ci est obligé de se garantir de toutes parts, et de se défendre à la fois contre l'ennemi du dedans et contre l'ennemi du dehors. La guerre civile éclate sur ses derrières au moment où il est obligé de faire face, devant lui, à la guerre étrangère. On va voir jusqu'où, dans cette dernière, ses mouvements s'en trouvèrent paralysés, et comment, par le péril où le mettait Thostilité de Julien, il fut privé, vis-à-vis des Perses, d'une partie de ses moyens.

Toujours confiant dans les ressources de sa diplomatie, Constance avait depuis quelque temps déjà essayé de tourner contre ceux-ci les satrapes et les petits princes indépendants établis au-dessus du Tigre. Il avait achevé de s'attacher par des présents Arsace, roi d'Arménie, et aussi Héribane, roi des Ibères 1 . Ces précautions prises, il était parti d'Antioche, vers le commencement de mai, avait passé l'Euphrate, et s'était établi à Édesse. De ce

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