Julien, Oratio I; Hertîein, p. 33. — Voir 1. 1, p
Julien résolut de le supprimer, par un de ces coups d'audace dont il était coutumier. A peine eut-il mis le pied sur le rivage de Bononia, qu'il détacha de sa petite armée Dagalalphe, avec quelques-uns de ses meilleurs marcheurs 1 . Celui-ci avait ordre d'amener, de gré ou de force, Lucilianus. Le maître de la cavalerie fut saisi dans son lit, au moment où, croyant Julien encore bien loin, il ne songeait point à se garder. Réveillé brusquement, il se vit tout à coup entouré de soldats inconnus et menaçants. Il fut obligé de céder, et de les suivre. On le mit sur un cheval, et on l'amena au prince, « comme un captif vulgaire, » dit Ammien, c'est-à-dire sans observer aucun des égards dus à son rang et à son grade. Lucilianus se prosterna en tremblant devant Julien ; mais il fut bientôt rassuré par son accueil. Il s'enhardit alors jusqu'à lui dire : « Tu as été bien téméraire, empereur, d'entrer avec si peu d'hommes sur le territoire d'autrui. — Garde pour Constance ces conseils de la prudence, répondit Julien ; je t'ai donné ma pourpre à baiser, non pour solliciter tes avis, mais pour calmer tes frayeurs 2 . »
Ayant enlevé le seul chef qui lui parût à redouter dans ces parages, Julien marcha vers Sirmium, qu'il considérait maintenant d'avance comme une ville prise 3 . Se présenter avec une petite troupe devant cette grande ville, qui avait été l'une des capitales de l'Empire au temps de la tétrarchie, et que protégeaient de vastes faubourgs, semblera cependant encore un coup d'audace. Mais dans les circonstances critiques, dit Ammien, Julien