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des Perses, sûr qu'il trouverait ensuite amplement le temps de se porter contre le César et, traversant l'Illyrie, puis l'Italie, de l'aller écraser en Gaule, occupé des préparatifs de son entreprise 1 . C'eût été alors, dans sa pensée, moins une expédition qu'une partie de chasse : on aurait surpris le gibier au gîte 2 . Or les choses se trouvaient complètement retournées : c'était Julien qui avait franchi l'Italie et l'Illyrie, et, vainqueur sans combat, paraissait tout à coup aux portes de l'Orient.
Heureusement une autre nouvelle vint faire diversion à ces inquiétudes, et, dans une certaine mesure, les calmer ; le lendemain du jour où on lui avait annoncé que Julien était maître du Pas de Sucques, Constance apprit la retraite de Sapor. La superstition jouait un grand rôle dans les guerres de ce temps, parmi les païens de toutes les religions. On verra bientôt, lors de l'expédition de Julien contre les Perses, la marche de son armée entravée à chaque instant par des présages contraires ou des réponses ambiguës des devins. Les Perses n'étaient pas moins crédules. Il suffit que les auspices se déclarassent défavorables, pour que Sapor délivrât Constance d'inquiétude à son sujet, et rentrât précipitamment dans ses États, emmenant l'armée qu'il avait massée au bord du Tigre 3 . On remarquera que les princes chrétiens ne connurent point ces terreurs superstitieuses. Constantin le premier avait donné l'exemple de les mépriser 4 : dans les récits de ses guerres et de celles de Constance il n'est