‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 50 sur 296 · Voir la Persécution de Dioctétien, Y éd., t. H, p · texte numérisé non relu

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jamais question de présages consultés, d'oracles jouant un rôle quelconque dans la direction d'opérations militaires. Allégées de tout le bagage de la superstition, les armées, où ne domine plus l'idée païenne, pourraient avoir pour mot d'ordre cette parole raisonnable et fière d'un poète du quatrième siècle : « Veux-tu savoir qui donne la victoire? un bras fort, et le Dieu tout-puissant *. »

La retraite de Sapor rendait à Constance sa liberté d'action. L'assurance lui revint. Il s'encouragea par le souvenir de tant de guerres civiles qu'il avait heureusement terminées. Laissant seulement en Mésopotamie les garnisons ordinaires, il résolut d'aller combattre Julien en Thrace, et réquisitionna toutes les voitures publiques pour transporter ses soldats. Selon l'usage, il voulut les haranguer. Au son des clairons, toute l'armée fut convoquée, et, en présence des troupes rangées en bataille, Constance, de la tribune impériale, prononça un discours plus ou moins fidèlement rapporté par Ammien :

« Toujours soucieux de ne rien faire ou dire qui ne soit conforme à la plus irréprochable honnêteté, et jaloux de tenir au milieu des flots agités le gouvernail en pilote prudent, je suis obligé aujourd'hui, très chers amis, de vous confesser mes erreurs, ou plutôt (à dire vrai) un excès de bonté, que j'avais cru profitable à l'intérêt public. Afin de comprendre plus aisément l'objet de cette réunion, prêtez-moi, je vous prie, une juste et favorable attention.

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