Voir plus haut, p
4. «... Orationem acrem et invectivam, probra qnœdam in eum explanaatem et vitia. » Ammien Marcellin, XXI, 10 .
hommes élevés dans le respect de l'autorité, les injures dont Constance était l'objet semblaient d'autant plus blessantes, que, depuis le voyage de 357 *, celui-ci était resté populaire parmi eux. Le grand monde de Rome « avait oublié quelques ridicules pour ne se souvenir que des égards montrés à tous ses membres par l'impérial visiteur, de son admiration pour les beautés de la ville éternelle, de sa tolérance religieuse. Aussi, quand le préfet Tertullus eut donné lecture au sénat de la lettre de Julien, celle-ci produisit-elle un véritable scandale. La protestation fut unanime. « Respecte celui à qui tu dois tout ! » s'écrièrent les sénateurs 2 . Il est évident qu'à ce moment, si la révolte avait gagné l'Italie, le sénat se serait gardé de la combattre, ou même se serait prononcé ouvertement pour Constance. La leçon fut cependant perdue pour Julien. Quand la réponse des sénateurs lui eut été rapportée, il ne parut pas la comprendre. Oublieux des convenances, et de sa propre parenté, il fit à Naisse un discours public, dans lequel il attaqua la mémoire de Constantin. Avec la rancune du païen contre le premier empereur chrétien, il accusa le chef de la famille régnante « d'avoir innové, en bouleversant les lois primitives et les antiques mœurs 3 ; » il lui imputait en plus d'avoir le premier prostitué à des Barbares les faisceaux et les insignes consulaires : imputation « qui témoignait, dit Ammien lui-même, d'un esprit singulièrement inconséquent et léger, car peu de semaines s'écouleront avant que Julien fit consul un Barbare que ne