‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 55 sur 296 · Voir tome 1, p · texte numérisé non relu

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2. « Auctori tuo reverentiam rogamus. » Ammien Marcellin, XXI, 10.

3. « Ut novatoris turbatorisque legum et moris antiquitus recepli. Ibid.

recommandaient ni la naissance, ni les services, ni la gloire de ceux auxquels Constantin déféra cette première des magistratures *. »

La diatribe contre Constantin contenait (on vient de le voir) une allusion transparente à la réforme religieuse dont ce prince fut Fauteur. Julien ne craignait plus de manifester ses sentiments à ce sujet. Depuis sa sortie de Gaule, il avait cessé d'en faire mystère. A mesure qu'il entraînait plus loin ses soldats, il achevait de détacher le masque dont pendant tant d'années il s'était couvert. On l'entendait attribuer aux dieux les succès qu'il remportait. « Nous nous sommes aperçus de la bonté des dieux, écrivait-il de Naisse au philosophe Maxime, et c'est grâce à eux que nous avons échappé à une foule de traîtres, sans en tuer, sans en dépouiller un seul de ses biens, nous bornant à enfermer ceux que nous prenions en flagrant délit 2 . » Il ajoute : « Nous adorons publiquement les dieux, et toute l'armée qui me suit est dévouée à leur culte. Nous immolons des bœufs en public, et nous rendons grâces aux dieux par de nombreuses hécatombes. Ces dieux m'ordonnent de tout maintenir, autant que possible, en parfaite sainteté. Us disent qu'ils m'accorderont de grands fruits de mes efforts, si je ne faiblis point 3 . » Le prestige d'une aventure jusque-là réussie avait fait taire les répugnances des soldats : l'autorité était venue avec le succès : Julien osait en Pannonie ce qu'il n'avait pas osé en Gaule.

Pourtant cette audace, on le sait maintenant, couvrait bien des inquiétudes. Malgré les promesses que Julien

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