‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 62 sur 296 · Ammien Marcellin, XXI · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXI

de l'approvisionnement de Rome avec le nouveau préfet. Depuis que, appauvrie par F abus du travail servile, qui en avait peu à peu chassé la vieille race des cultivateurs autochtones, et transformé les champs en pâturages, l'Italie ne produisait plus de céréales en quantité suffisante, les habitants de la ville éternelle recevaient des provinces tributaires le blé nécessaire à leur nourriture 1 . L'Egypte et surtout l'Afrique étaient devenues les greniers de Rome. Quand la flotte frumentaire n'apparaissait pas en vue d'Ostie aux époques accoutumées, le peuple s'agitait. En dépit des lois de Constance, le préfet même que Julien venait de révoquer, Tertullus, avait été, en 359, contraint par une émeute d'offrir un sacrifice dans le temple des Castors, afin d'obtenir des dieux protecteurs de la navigation la prompte arrivée des navires 2 . Rome, en 361, traversait de nouveau une crise semblable. Nous avons dit que l'une des mesures de précaution prises par Constance contre Julien avait été l'envoi en Afrique de Gaudentius, avec ordre d'intercepter toute communication entre cette partie de l'Empire et l'Italie. Gaudentius avait réussi dans sa mission, et, avec l'aide du comte Cretio et de divers gouverneurs, garnissant de soldats toutes les côtes africaines, avait mis, en quelque sorte, l'Italie à l'état de blocus 3 . Une des conséquences de ces dispositions fut la cessation des envois réguliers de blé à Rome. Peut-être est-ce pour porter à Constance les réclamations du sénat contre cet état de choses que Symmaque et ses collègues étaient allés

1. Voir mon livre sur les Esclaves chrétiens, 3 e éd., p. 97.

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