‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 63 sur 296 · Ammien Marcellin, XXI · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXI

jusqu'à Antioche. Quoi qu'il en soit, Julien apprit bientôt que la flotte d'Afrique, au lieu de voguer vers l'embouchure du Tibre, venait d'être dirigée par Gaudentius dans les eaux grecques, et, après avoir doublé la pointe de UAchaïe, allait porter à Constantinople l'approvisionnement ordinaire de Rome. Comme s'il eût été déjà maître de la seconde capitale de l'Empire : « Ce n'est pas perdu pour nous, » dit tranquillement Julien, d'une parole ambiguë, où son entourage vit à la fois une marque de son amour pour sa ville natale 1 et une prophétie de l'avenir 2 . Mais en même temps, il prit, de concert avec les délégués du sénat et particulièrement avec Maxime, les mesures nécessaires pour parer à la détresse de la ville éternelle. Les blés des provinces dont Julien était devenu maître furent consacrés à la nourriture de Rome : les contributions levées en nature, les récoltes achetées, en partie sur la cassette particulière de Julien, allèrent nourrir ses habitants, dit Mamertin 3 : Ammien Marcellin ajoute que durant la préfecture de Maxime on n'eut jamais à souffrir de la disette 4 .

Sattribuant, à ce moment, le choix des consuls, comme s'il eût été déjà seul empereur, Julien désigna,

Page 1