‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 72 sur 296 · Julien, Ep. 13; Hertlein, p · texte numérisé non relu

Julien, Ep. 13; Hertlein, p

dit Ammieu, assister à un rêve, et le regardait avec des yeux émerveillés, comme un être descendu du ciel i .

La mort de Constance excita dans l'Empire des sentiments divers. Le mélange de bonnes et de mauvaises qualités était tel dans Constance, qu'il donnait prise aux jugements les plus opposés. Comme il arrive souvent, on lui rendit surtout justice quand il eut disparu de la scène du monde. Vivant, il blessait les uns par un orgueil poussé jusqu'à la puérilité, il irritait les autres par la docilité avec laquelle il se laissait conduire à ses femmes, à ses eunuques, à ses flatteurs, il affligeait les honnêtes gens par la cruauté dont il faisait preuve, sur le plus léger soupçon, envers ceux qu'il soupçonnait d'attenter, même en pensée, à son pouvoir ou de manquer de respect à sa majesté. Les peuples souffraient de l'âpreté avec laquelle ses agents faisaient rentrer les impôts, âpreté qui valait plus de haines à l'empereur que de profit à l'État, à cause des détournements que facilitait une mauvaise administration financière. Hais, tout compte fait, les qualités l'emportaient peut-être chez Constance sur les défauts. Il prenait au sérieux son métier de roi. Dans un Empire où tant de fois les soldats firent et défirent les souverains, il tint toujours l'armée subordonnée au pouvoir civil, tout en mettant le plus grand soin au choix des chefs militaires, et en Rappliquant à n'avancer que les plus expérimentés et les plus dignes. La nomination et l'avancement des magistrats étaient aussi pour lui l'objet d'une attention portée souvent jusqu'au scrupule 2 . Il semblait n'avoir jamais de balance

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