‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 73 sur 296 · Subscruposus. » Ammien Marcellin, XXI, 1G · texte numérisé non relu

Subscruposus. » Ammien Marcellin, XXI, 1G

assez délicate pour peser les mérites des gens appelés aux grandes charges *. Personne, sous son règne, n'y arriva tout d'un coup ; mais il tenait un grand compte de la durée des services. Un des traits qui le distinguent le plus de son successeur, c'est le dédain qu'il montra toujours pour la popularité : et Ammien Marcellin, pourtant si sévère pour Constance, ne peut s'empêcher de reconnaître dans ce dédain « la marque d'une grande Ame 2 . » Enfin, pour l'homme qui avait tout pouvoir sur les personnes et sur les choses ce n'est pas un petit mérite d'avoir évité quelques-uns des écueils les plus fréquents de la toute-puissance, en demeurant toujours maître de ses passions, d'une chasteté que nul soupçon n'effleura jamais, ennemi du luxe, sobre, dur pour son corps, et d'avoir arraché cet éloge non seulement à des historiens d'une impartialité relative, comme Ammien et Aurelius Victor, mais encore à un ennemi déclaré comme Julien.

La tache dont il est le plus difficile de laver Constance, c'est son ingérence funeste dans les affaires ecclésiastiques. Qu'il se soit laissé prendre aux subtilités des ariens, cela n'étonnera pas d'un prince d'intelligence moyenne, qui n'avait pas reçu sans doute une très forte éducation théologique. Mais qu'il ait mis la toute-puissance impériale au service de Tarianisme, et persécuté, pour complaire à ses flatteurs ecclésiastiques, les plus hauts et les plus purs représentants de la doctrine et de la sainteté chrétiennes, c'est ce dont on ne saurait défendre sa mémoire. Quelques orthodoxes, comme Gré-

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