Largitionum cornes. » Ibid
pleurer la Justice elle-même 1 . » « L'empereur, ajoute F historien, se conduisit en ingrat 2 . » En effet, Julien devait beaucoup à Ursule. Quand il fut envoyé en Gaule avec le titre de César, il était, au début, surveillé de très près, et gêné dans tous ses mouvements. En particulier, il n'avait pas la libre disposition du trésor public. Les largesses à l'armée lui étaient ainsi rendues impossibles. Ursule comprit ce que cette situation avait de gênant et de blessant pour le jeune prince. Il prit sur lui de la faire cesser. Sous sa propre responsabilité il envoya au trésorier des Gaules l'ordre de laisser Julien puiser librement dans les caisses publiques. Aussi sa condamnation et son exécution indignèrent-elles tous les honnêtes gens. Julien sentit leur réprobation 8 . Il s'excusa sur le sentiment de l'armée. Les juges militaires, disait-il, avaient voulu punir Ursule d'un propos qui les avait blessés. On racontait que, lors de l'expédition de Constance au delà de l'Euphrate, quelques mois auparavant, Ursule, apercevant les ruines d'Amide, prise et détruite par Sapor l'année précédente, s'était écrié : « Voici comment les villes sont défendues par les soldats ; et cependant le trésor de l'Empire s'épuise pour payer leur solde 4 ! » Cette défense assez piteuse de Julien ressemble assez à l'excuse donnée, vingt-quatre ans plus tôt, au meurtre de ses parents : Constance n'y était pour rien, les soldats avaient tout exigé 5 ! Les amis de Julien enchérirent encore sur
1. « Ipsa mihi videtur flesse Justitia. » Ammien Marcellin, XXII, 3.