Ibid
6. « lnimicns bonorum omnium diuturnus et gravis. » Ammien Marcellin, XV, 5.
Le célèbre secrétaire Paul la Chaîne, dont les dénonciations avaient fait périr tant d'innocents \ subit le même supplice : Libanius est peut-être, ici, le fidèle interprète des haines populaires, quand il s'écrie avec un accent féroce que tous ceux qui connaissaient le condamné regrettèrent, après son exécution, qu'on ne pût lui rendre la vie pour le tuer encore une seconde et une troisième fois 2 . Eusèbe fut également condamné à mort. Ce chambellan favori de Constance avait eu avec Apodemius une grande part à la mort de Gallus : il avait, de plus, été chargé déjuger les amis du malheureux César, et s'était montré impitoyable 3 . Sans doute, la condamnation de « l'eunuque maudit, » comme 1 appelle Julien 4 , satisfaisait les rancunes personnelles du prince ; maïs son orgueil et ses intrigues avaient rendu Eusèbe tellement insupportable, même aux amis de Constance, que son supplice parut juste.
Telle fut l'œuvre de la commission extraordinaire instituée par Julien. Onze accusés comparurent devant elle. Six furent exilés, cinq furent condamnés à mort, un seul fut acquitté. Les flatteurs du prince ou ses partisans les plus aveugles approuvèrent en bloc tous ces jugements. Quelques-uns même les estimèrent trop doux. Pour eux, la mort seule eût dû être prononcée. Parmi ces terroristes se trouvèrent des hommes de mœurs ordinairement paisibles, comme Libanius : « Il y en a eu, s'écriet-il, de condamnés à des peines mitigées, quand ils