Ibid
Des soldats de Constance, que nul n'avait déliés de leur serment, se retranchant, du vivant de celui-ci, dans une ville de son Empire pour obéir au vœu des habitants en la lui gardant avec fidélité, ne remplissaient, semblet-il, que leur devoir, et les personnages civils qui les aidaient faisaient acte, non de rebelles, mais de sujets loyaux et de bons citoyens. L'ignorance où ils étaient restés ensuite de la mort de Constance, leur incontestable bonne foi, les excusait d'avoir prolongé la résistance après le temps où Julien avait succédé régulièrement à celui-ci. Hais la philosophie du temps, celle même de Julien, eussent été incapables de s'élever à une conception aussi simple de la justice. A coup sur, on n'eût pu l'attendre d'un flatteur du prince tel que Marne rtin. Ce haut fonctionnaire déclara Nigrinus coupable de lèse-majesté, et le fit brûler vif. Les deux curiales furent condamnés à la décapitation. On crut donner beaucoup à l'humanité en acquittant les autres, comme ayant combattu par contrainte, et non de leur libre volonté. « Ainsi, en toute équité, décida le clément et miséricordieux empereur, » dit Ammien, sans aucune
ironie
Les représailles n'étaient pas terminées. Plusieurs des hauts magistrats ou des intimes conseillers de Constance avaient été frappés. Les plus compromis des défenseurs d'Aquilée venaient d'expier leur fidélité. Julien « se tourna vers les palatins 2 . »
Ceux-ci étaient légion. Même en laissant de côté la