Go]fau, Chronologie de l'Empire romain, p
voir souverain, ou du moins un aperçu des qualités qui conviennent à un prince et des devoirs qui lui incom* bent.
Julien dit d'abord quels princes il se propose d*imiter. Ce sont ceux qui « se distinguèrent par leur vertu. » Il en nomme deux, Alexandre et Marc Aurèle. Le premier est « le type du courage, » l'autre « celui de la vertu parfaite ^ » En réalité, sous les Iraits de ces personnages historiques, ce qu'il aperçoit, c'est le prince idéal, tel que l'ont peint Platon dans les Lois etAristote dans la Politique. Celui-là doit être presque un dieu, ou du moins s'élever de toutes les manières au-dessus des faiblesses humaines.
(c Nous devons, dit Platon, nous rapprocher par tou& les moyens possibles du genre de vie inauguré par Saturne, et confier à la partie immortelle de notre être la direction des affaires publiques, le gouvernement des familles et des États, en donnant le nom de lois aux préceptes émanés de la raison*^... » Commentant ce passage, Julien conclut « qu'un prince, homme par sa nature , a besoin de devenir par les sentiments un être divin ^, et de bannir entièrement de son &me ce qu'elle a de mortel et d'animal, excepté ce qui est nécessaire à la conservation du corps. » A ses yeux , « le métier de souverain paraît excéder les forces de l'homme : il faut à un roi la nature d'un dieu ^. » En termes plus précis, et s'appuyant toujours sur Platon et sur Aristote, « il