Ibid
4... Kai tijc tAv àfiapTavovTiov xorrà (ifrpov licfntini^icoc. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, 111.
du pécheur. Mais on ne pouvait raisonnablement espérer qu'on trouverait parmi les prêtres de Tidolàtrie beaucoup d*hommes ayant une notion précise du péché et de ses remèdes, Fart de diriger les Ames, Tintelligence des délicats problèmes de la casuistique, et moins encore qu*on persuaderait à la foule païenne de les accepter dans cet emploi nouveau de juges des consciences, et de se soumettre docilement aux pénitences imposées par eux. Nous hésiterions à croire que Julien ait conçu une semblable pensée, et en ait commencé Texécution, si nous n'avions sur ce point le témoignage d*un contemporain aussi sérieux et aussi bien informé.
Sur un point, Julien ne s'est pas trompé : c'est dans rénumération des qualités que doit avoir un prêtre digne de ce nom. Si quelque part l'imitation du christianisme poussée jusqu'au plagiat se rencontre dans son plan de réforme religieuse, c'est quand il trace, d'une plume singulièrement experte et délicate, l'idéal du prêtre. Dans aucun de ses écrits, Julien ne s'est montré aussi élevé, et en même temps aussi ému, que dans les deux ou trois lettres qu'il a consacrées à ce sujet : nulle part aussi il n'a eu d'aussi vives réminiscences de la pensée chrétienne. Saint Grégoire prononce le mot de « singerie ^ : » l'intention de Julien me parait plus haute que cela. Il songe sérieusement à doter son clergé d'un personnel rivalisant de zèle et de moralité avec les membres les plus exemplaires du clergé chrétien. Il voudrait que les ministres appelés à officier dans ses temples et à parler du haut de leurs chaires ressemblassent vraiment à certains hommes dont il ne pouvait se rappeler sans envie les
1. ni6Y)X(i)v |jii(ii^(ucTa. Saint Grégoire de Nazianze, Oralio IV, U2.
vertus. C'est à former des Athanase, des Grégoire et des Basile païens qu'il applique tout son esprit.
Pour que Julien ne s'aperçût pas de la révolution qu'il opérait ainsi dans l'idée que jusque-là les anciens s'étaient faite du sacerdoce, il fallait qu'il fût encore, à son insu, bien dominé par ses souvenirs chrétiens. Le prêtre qu'il se propose de mettre au service du nouveau paganisme ne ressemblera ni au dignitaire politique ou municipal qui, à Rome et dans le monde latin, honore au nom de l'État les dieux nationaux, ni au desservant quelquefois très peu estimable des cultes fanatiques ou sensuels de l'Orient. Aucune condition de naissance, mais les plus strictes conditions de moralité sont exigées par Julien des aspirants à la prêtrise. Maximin Daia n'avait osé aller jusque-là. Il choisissait les prêtres parmi « les premiers des cités ^ » parmi « les magistrats ayant figuré avec éclat dans l'administration de leur ville ^. » Novateur incomplet, il restait encore fidèle au vieux principe païen. Julien y substitue le principe chrétien, qui, effaçant les distinctions sociales, va chercher le plus digne pour lui confier les fonctions sacrées. « Je dis que l'on doit choisir dans les villes les meilleurs, les plus religieux, les plus humains, sans examiner s'ils sont pauvres ou riches. Peu importe encore qu'ils soient obscurs ou célèbres ; car celui que sa douceur a laissé dans l'obscurité ne doit pas pour cela être exclu du sacerdoce. Quand même il serait pauvre et plébéien, pourvu qu'il ait en lui deux choses, l'amour des dieux