‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 18 sur 298 · Rauracos · texte numérisé non relu

Rauracos

une campagne de trois mois^ il rentra en Gaule par Besançon^.

L'aspect de Besançon frappa Julien. Posée sur une montagne, au bord du Doubs, la ville lui apparut, dans son isolement, « comme une roche au milieu de la mer, inaccessible aux oiseaux mêmes ^. » Hais, de même que beaucoup d autres villes de ce, temps, elle était déjà entourée de ruines. « Vaste autrefois, » elle avait été « nouvellement réparée, » c'est-à-dire fortifiée à la manière des cités du quatrième siècle, qui, sacrifiant les faubourgs impossibles à défendre, se hérissaient et se resserraient dans une étroite ceinture de murailles^. (lOmme on approchait de ces remparts, Julien eut un moment de vive émotion.

Un homme, portant besace et bâton, marchait vers lui. Julien tressaillit, en reconnaissant le costume d'un philosophe cynique. Il crut voir son ancien maître, Téphésien Maxime, qui, pareil à d'autres néoplatoniciens, revêtait habituellement, malgré ses goûts fastueux, la livrée du cynisme. Le rêve de Julien, pendant tout son séjour en Gaule, avait été d'attirer à sa cour les philosophes. Ceux-ci, généralement prudents, avaient mal répondu à son appel. Priscus, malgré de pressantes invitations, s'était dérobé^ : en dépit de tous ses efforts.

1. 'Exeiwic |tot Yevo|jLivy); Tpipiifivou t?Sc (rrpaTeCaç. Jalien, Sp, 38; Hertlein, p. 535.

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