‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 187 sur 298 · Voir 1. 1, p · texte numérisé non relu

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Grégoire parle d' » initiation impure, opposée à Tiaitiation chrétienne *. »

Il ajoute cette phrase remarquable : « Julien s^appliqua particulièrement à profaner ses mains, afin d'en ôter toute trace du sacrifice non sanglant, par lequel nous communions au Christ, à ses souffrances et à sa divinité ^. » On sait que dans la primitive Église les communiants recevaient sur leurs mains le pain eucharistique ^. Et Ton sait aussi qu'une des cérémonies de l'admission au grade de Lion, dans le culte mithriaque, consistait dans la purification des mains, sur lesquelles du miel était versé *. Peut-être est-ce par ce rite que Julien « purifia, )> selon son langage, ou « profana, » selon le langage de saint Grégoire, les mains qui avaient autrefois touché le corps du Christ. Julien demandait aux chrétiens qui, à son exemple, passaient au paganisme de se « purifier » de même, en » lavant leur àme par des supplications aux dieux, et leur corps par les ablutions légales ^. »

11 semble que, au moins pour lui, les iites mithriaques aient été le moyen de cette « purification » sacrilège. Nous avons déjà dit, d'après Libanius, que Julien avait construit, au milieu du palais impérial de Constanti-

1. T^ xaO* Y)^.â; TeXeicoaei Tf)v reXeicoaiv tov (Jiuaovc &vTixi6el(. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio IV, 52.

2. ...Kal ta; X'^P*^ àpayvî^sxai tt); àvatiiuzxTou 6uota; àitoxaOatfMov $i jç fi(te?c XpiOTû xoiv(i)voO(j.Ev, xal tuv na^\iâx<as xal xfjç Oeôtiqtoc. Saint Grégoire de Nazianze, ibid.

3. Voir Martigny, Dictionnaire dts antiquités chrétiennes^ ?<> Communion; 2« éd., p. 196.

4. Porphyre, cité par F. Cumont, Textes et monuments figurés ^ t. i, p. 320 ; t. II, p. 40.

5. ...Ti^v |ièv t)^uxr,v Taî; Xiraveiai; icpo; toù; Oeou;, xo de a&\tjai totç vo(u- (Loi; xaOapaiot; xaOïQpooOat. Julien, Ep, 52; Herllein, p. 560.

nople, un sanctuaire dédié « au dieu qui amène le jour, » c*est-à-dire à Hithra^. Là, continue le panégyriste, « il participait aux mystères, à la fois initié et initiatem*^. » Probablement, dans la chapelle ou le spelœum du palais, Julien avait pris divers grades mithriaques. Son initiateur parait avoir été Maxime, et l'un de ses compagnons d'initiation, Théodore^. A son tour, Julien, revêtu de ces grades, peut-être élevé & la dignité de paier^ reçut d'autres mystes dans la con* frérie.

Julien a parlé de ce groupe d'initiés, peu nombreux, et choisis parmi ses amis les plus intimes. Dans son discours sur le Roi Soleil, il s'exprime ainsi : « C'est une belle chose, pour un homme, de tenir, par trois générations ou par une longue suite d'ancêtres, au culte de ce dieu; mais il est honorable aussi, quand on s'avoue né pour le servir, de s'être, seul ou avec un petit nombre d'autres, consacré spécialement au culte d'un tel maître ^. » Le sophiste Himère était parmi ces privilégiés. €< Ayant purifié mon àme dans le Soleil Mithra, j'ai été uni par les dieux à Tempereur aimé des dieux ^, » dit-il dans son discours en l'honneur de Constantinople et de Julien. « Nous avons eu le même initiateur, » écrit Julien à Tasiarque Théodore^, qui semble avoir été aussi l'un des

t. Lîbanius, Epilaphios Juliani, — Voir plus haat, p. 158.

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