Oratio IV ; Uerllein, p
de reconnaître si Julien parle du Soleil intellectuel ou du Soleil visible : tout se confond. dans une brume lumineuse, au sein de laquelle les êtres flottent indéterminés et vagues.
Si Julien se présentait à nous seulement comme un disciple du néoplatonisme, ou comme un zélateur des cultes orientaux, on s^étonnerait sans doute de rencontrer sous sa plume des idées aussi peu précises, mais on n'aurait pas à signaler entre le rôle qu'il a pris ostensiblement et les théories qu*il expose une contradiction choquante. Julien se donne comme le restaurateur de rhetlénisme. « Tu es Grec, et tu commandes à des Grecs, » lui disent ses amis et ses flatteurs^. Ce sont les dieux grecs qu'il prétend replacer sur les autels. Il invoque à chaque page les poètes dont l'imagination brillante les a dotés de ces formes et de ces couleurs qui ont fait leur popularité chez un peuple artiste, et leur ont acquis Tadmiration des siècles. Homère, Hésiode, sont les deux autorités sur lesquelles sans cesse il s'appuie. Quand il songera, un jour, à retirer aux professeurs chrétiens le droit d'enseigner, il voudra qu'ils ne puissent accuser plus longtemps Homère et Hésiode d'erreur au sujet des dieux 2. C'est pourtant ce que lui-même, à son insu, ne cesse de faire.
Entre l'anthropomorphisme de la religion grecque, entre ses divinités aux contours si élégants et si nets, entre ses dieux qui semblent le type d'une humanité supérieure, revêtue d'une forme parfaite, et les êtres sans limites, sans forme et sans sexe qui se meuvent comme
1. '£XXt)v tU el* xat xpaTsTç 'ëXXtivcov. Libanius, Legalio adJulianum.