Oratio VII; Hertiein, p
théisme, on le jugerait mal. Il ne possédait aucune de ces choses, ni libation, ni encens, ni argent pour en acheter. Bien penser des dieux lui suffisait. Il les honorait de toute son âme, leur offrant ce qu'il possédait, selon moi, déplus précieux, une àme sanctifiée par leur pensée^. » Julien, si fier des privilèges de Tinitié, et si empressé à se faire l'initiateur de ses amis, reconnaît même, avec Diogène, que l'initiation, la participation aux mystères, n'ont au* cune efficacité sans une vie pure, et que les non initiés, s'ils sont vertueux, ont droit aux récompenses dont seront privés les initiés, s'ils sont indignes^.
Julien dut-il sa foi en l'immortalité de T&me aux souvenirs de son éducation chrétienne, aux enseignements du néoplatonisme ou aux prétendues révélations sur la vie d'outre-tombe qui faisaient partie de la célébration des mystères? On ne sait, et peut-être ces diverses influences se confondirent-elles dans son esprit. Ce qu'on peut affirmer, c'est que, à l'encontre de beaucoup de païens^, cette foi semble avoir été chez lui très sincère. On ne surprend jamais dans ses paroles, sur ce sujet, l'expression d'un doute. « Nous ne sommes pas, écrit-il, de ceux qui se figurent que Tàme périt avant le corps, ou qu'elle s'anéantit avec lui*. » « Comment, dit-il ailleurs, au moment où les deux substances auront cessé de se combattre, quand l'àme immortelle se sera séparée du cadavre retourné en poussière, les dieux n'auraientils pas le pouvoir de réaliser les espérances qu'ils ont