‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 256 sur 298 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

agir ainsi d'une manière générale pour tous les chré^ tiens, et s'efiPorcer de les séduire avant d'entreprendre de les vaincre.

Les historiens le montrent multipliant pour eux les flatteries et les caresses. Auprès d'un trop grand nombre ces moyens réussirent. La douceur apparente de Tempereur les gagnait peu à peu. Julien mettait, dans son entreprise de séduction, une extrême dextérité. Il ne pressait pas trop vivement ceux près de qui il avait accès. Un premier refus ne le décourageait pas. La moindre hésitation suffisait à lui donner de l'espoir. Il laissait agir le temps ^ Puis, par des promesses 2, par Toctroi d'une charge 3, même par de Targent offert à propos *, il hâtait, au moment décisif, le résultat patiemment attendu. « Il étalait, dit saint Grégoire de Nazianze, devant tous les yeux les honneurs et les profits, par un marchandage plus digne d'un esclave que d'un roi ^. » Et Ton finissait par voir, ajoute triomphalement Libanius, « ceux qui avaient d'abord opposé un refus aux avances de Julien, conduisant, eux aussi, le chœur autour des autels des dieux ^. »

Cette « persécution douce, alléchante plut6t que contraignante, » selon l'expression de saint Jérôme '^y fit de nombreuses victimes, surtout parmi les gens en place. On

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