‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 261 sur 298 · Socrate, III · texte numérisé non relu

Socrate, III

Cette mesure fut la préface d'une autre plus générale, étendant cette mise en demeure aux magistrats civils et aux chrétiens de l'armée. Aux yeux de Julien, il n'y avait rien là qui ressemblât à un acte de persécution. Julien croyait avec sincérité être tolérant. « J'en atteste, les dieux, écrivait-il, je ne veux ni massacrer les Galiléens, ni les maltraiter contrairement à la justice, ni leur faire subir aucun mauvais traitements » Son libéralisme n'allait pas plus loin que cette tolérance, qui d'ailleurs était à peu près forcée. Comme le dit un historien du cinquième siècle, « Julien n*ignorait pas qu'il eût été d'une souveraine imprudence d'essayer de contraindre par des supplices à sacrifier des hommes qui ne le voulaient pas. C'est à peine si, dans chaque ville, ses magistrats et ses juges eussent suffi à dénombrer et à inscrire les chrétiens. Il ne pouvait donc les empêcher de se réunir et de prier à leur guise. Il savait d'ailleurs que la violence est de nul effet dans les choses qui dépendent de la libre volonté^. » Mais cette tolérance toute négative n'avait rien de commun avec l'impartialité. Julien déclarait tout haut son intention d^ètre partial. « Je dis qu'il faut leur préférer des hommes qui respectent les dieux, et cela en toute rencontre. Car la folie des Galiléens a pensé tout perdre, tandis que la bienveillance des dieux nous a sauvés tous 3. » C'est en vertu de ce principe que Julien à la fois consentait à laisser les chrétiens vivre et suivre leur religion, mais les excluait du service de l'État. En cela, il rétrogradait de plus d'un

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