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donnant à celui-ci rocca43ion de demander à Julien une partie des troupes de Gaule , pour renforcer Tarmée d'Orient, fut la cause indirecte de la révolution militaire de 360; encore en 361, au moment même où Julien marchait contre lui, Constance eût été obligé de livrer bataille à Sapor, si une terreur superstitieuse n'avait déterminé tout à coup la retraite de ce dernier. Le continuel danger qui, de l'immense et indécise frontière qui le séparait des possessions des rois Sassanides, semblait toujours au moment de foudre sur l'Empire romain, avait ainsi retenu pendant la plus grande partie de son règne Constance en Asie, à portée du séculaire champ de bataille où tant de fois le sang des Romains et des Perses se mêla aux eaux du Tigre et de TEuphrate. La pensée d'assurer à son tour la sécurité de TAsie romaine, comme aussi l'espoir de renouveler en Orient sur des ennemis dignes de sa renommée les exploits qui l'avaient immortalisé en Germanie, attirait maintenant Julien sur les traces laissées par Constance. Il rêvait d'effacer par une offensive hardie le souvenir des luttes défensives de son prédécesseur, de se jeter au delà du Tigre, comme naguère il s'était jeté au delà du Rhio, peut-être d'écraser sous ses coups la puissance des Perses, et d'annexer à l'Empire de Rome les pays du soleil. Mais, avec son expérience des choses militaires, il sentait qu'une aussi aventureuse campagne n'était pas de celles qui s'improvisent en quelques semaines : et il avait résolu de s'établir à Antioche, pour l'y préparer à loisir.
On connaîtrait mal Julien, cependant, si l'on attribuait son départ de Constantinople et son entrée en Asie au seul désir de se rapprocher des Perses. L'espoir de
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rendre au paganisme tout son lustre, dans cet Orient qui avait vu naître la plupart des superstitions antiques, mais où le christianisme avait plus qu'ailleurs étendu ses conquêtes, fut probablement aussi pour beaucoup dans cette migration. Cinq ans plus tôt, Julien savait oublier ses préoccupations religieuses pour ne se souvenir, quand les circonstances Tezigeaient, que de ses devoirs de chef d'État. Alors qu'il suivait, à la tète de ses troupes, les rives de la Meuse et du Rhin, sa pensée, devenue subitement nette et lucide, se détournait des dieux adorés au fond du palais de Lutèce, pour s'appliquer tout entière aux opérations militaires et ne plus voir que l'ennemi. Le dévot superstitieux, le rhéteur obscur et compliqué, disparaissait complètement alors : seul demeurait le général. Mais, depuis un an déjà, cette aisance à reprendre possession de lui-même, cette heureuse faculté de dédoublement, s'étaient altérées chez Julien. L'homme que la marche la plus audacieuse et la plus rapide venait de porter en quelques mois de Paris à Constantinople n'était déjà plus le chef qui avait battu les Germains à Strasbourg ou les Francs en Toxandrie. Même pendant cette extraordinaire expédition, Julien avait laissé le païen déteindre sur le général, et la superstition entraver le commandement. Nous nous sommes déjà demandé si, au cas où Julien^ en Italie, en lUyrie ou en Thrace, eût rencontré des adversaires, au lieu de trouver toutes les voies libres devant lui, il aurait mené à une aussi sûre victoire une armée dès lors occupée de présages et endoctrinée par les devins. C'est avec des qualités d'homme d'État et d'homme de guerre encore diminuées qu'il va maintenant passer en Asie. On Ty verra occupé de mener la