JULIEN A PESSINONTE ET A ANCYRE
campagne contre Tidée chrétienne au moins autant que de préparer la guerre contre les Perses, au risque d' accroître les divisions entre ses sujets à Theure même où il aurait le plus besoin de rassembler ceux-ci dans un effort unanime contre Tennemi commun.
Julien se mit en route vers le milieu de juin 362^. Il avait depuis longtemps préparé son armée à le suivre, réunissant fréquemment les soldats, les passant en revue, leur 'adressant des harangues, et leur faisant d'abondantes distributions d'argent ^. C'est probablement lors d'une de ces distributions que se produisirent les faits rapportés plus haut, au sujet des soldats chrétiens. Julien débarqua à Chalcédoine, d'où il gagna Mcomédie. Cette ville passait depuis longtemps pour Tune des plus belles de l'Empire. Elle avait été la résidence de Dioclétien au commencement du quatrième siècle, et ce prince s'était plu à lui donner l'aspect d'une véritable capitale. Par la multitude de ses édifices publics et privés, dit Ammien, elle ressemblait à une « région » de la Ville éternelle 3. Mais, au moment où y passa Julien, Nicomédie n'offrait qu'une ombre de sa récente splendeur. Un épouvantable tremblement de terre l'avait à demi renversée en 358. Ses murailles ne paraissaient plus que cendres et débris. Son sénat municipal était appauvri, la masse des habitants réduite à la misère. Quand Julien y fit son entrée, il ne put re-
1. Sa dernière loi datée de CoDStantinople est da 12 mai 362; Code Théodosien, XIII, ni, 4. — Sur les dates du royage de Julien, de Constantinople à ADtioche,^,Toir Sievers, Bas Leben des Libanius, appendice, p. 247-248.