Cicéron, De Republicay l
LA LIBERTÉ DE L'ENSEIGNEMENT. 3i3
Grecs, des Latins enseigneraient à traiter la parole comme un art ^ Hais la résistance à cette innovation dura peu. Vraie pour son temps, la phrase que nous avons citée de Cicéron restera vraie pour les temps qui suivront. Malgré ses accès de despotisme, la jalousie de ses priDces pour tout ce qui touchait à leur autorité, la facilité avec laquelle ils imaginaient des complots et accablaient la pensée libre sous Taccusation de lèsemajesté, TEmpire lui-même n'essaya pas de mettre la main sur renseignement. Quand il se crut appelé à organiser, dans une mesure encore fort discrète, une éducation publique, il se garda bien de la rendre « uniforme » par des règlements, et surtout de lui sacrifier l'éducation privée. Celle-ci demeura libre à tous les degrés et sous toutes les formes. L'État romain, qui légiférait sur tout, n'eut pas l'idée de faire entrer dans le cercle de sa législation ce domaine réservé. Même quand il se montra le moins libéral, il respecta cette liberté. L'éducation complète, telle que les siècles, non les lois, Tavaient faite, comprenait à Rome, comme chez nous, trois degrés. Naturellement, beaucoup de Romains s'arrêtaient au premier. D'autres ne cherchaient pas à atteindre le troisième. Les privilégiés seuls traversaient tour à tour les enseignements primaire, secondaire et supérieur, et passaient successivement par l'école des commençants, par la classe du grammairien et par la salle de conférences du rhéteur. Dès les premiers temps de la République, on voit ouvertes les petites écoles, ordinairement communes aux deux sexes : c'est en se rendant à une école du Forum que Virginie