‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 37 sur 298 · Ammien Marcellio, XXI · texte numérisé non relu

Ammien Marcellio, XXI

Ce discours — où le nom de Dieu est deux fois prononcé, d*une manière qui ne pouvait ni blesser les païens ni inquiéter les chrétiens — fut, ajoute Thistorien, reçu de tous comme un oracle. L*émotion parut générale. Les soldats frappaient sur leurs boucliers, et, poussant des cris, saluaient Julien des titres de grand général, de vainqueur des nations et des rois. Chacun prêta le serment demandé : les soldats le prononcèrent d'abord, touchant leur tête de leur glaive, et accompagnant de terribles imprécations la promesse de sacrifier, s*il le fallait, leur vie pour Julien. Tous les officiers, puis tous les fonctionnaires de la cour et de la maison du prince, répétèrent la même formule. Un seul refusa courageusement; c'était le nouveau préfet du prétoire, Nebridius. « Jamais, dit-il, je ne pourrai me lier par serment contre Constance, qui m'a comblé de bienfaits. » Des soldats, furieux, se jetèrent sur Nebri* dius, et voulurent l'égorger : mais Julien le sauva, en le couvrant d'un pan du manteau impérial. Rentré dans le palais, le César y retrouva Nebridius, qui se jeta à ses pieds, et le supplia de lui tendre la main en signe de pardon. « Que restera-t-il donc & mes amis, répondit Julien, si jeté permets de toucher ma main*^ mais va, en sûreté, où tu voudras. » Nebridius se retira dans ses terres, en Toscane ^ .

Pendant que Julien se préparait ainsi à faire le pas décisif, Constance, à l'autre extrémité de l'Empire, attendait de pied ferme l'attaque des Perses. Il faut avouer que le beau rôle, à ce moment, parait être de son c6té, et que, vu de loin, avec les idées du patriotisme

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