LA POLITIQUE
L'enthousiasme qui accueillit Julien à Constantinople eut sans doute pour cause principale la grandeur de Tentreprise et Téclat du succès. Mais les historiens ne nous laissent pas ignorer que d'autres motifs, probablement, contribuèrent à la joie du peuple. Il y avait d'abord ce mouvement instinctif, qui porte les foules à saluer le soleil levant, et à beaucoup attendre d*un changement de règne ^. II y avait ensuite le sentiment, plus réfléchi, d'une guerre civile, avec tout ce qu'elle traîne de ruines €t de périls, évitée contre toute attente '^. Hais les premières mesures de Julien modifièrent un peu ces impressions favorables en montrant que l'ère nouvelle ne serait pas inaugurée sans représailles.
A peine, salué unanimement du titre d'Auguste, Julien se fut-il installé à Constantinople, qu'il forma une sorte de haute cour ou plutôt de commission mixte,
1. tt Ulque solet fatna novitales augerc, properabat exinde sublimior. » Ammien Marcellin, XXll, 2.