Jnlien, Oratio II; HerUein, p
Les conseillers militaires de Julien auraient voulu des décisions plus belliqueuses. Ils espéraient que, suivant la tactique qui lui avait si bien réussi aux bords du Rhin, il prendrait l'offensive pour aller chercher les Goths sur la rive gauche du Danube ^ Ce n'est pas que TEmpire fût en ce moment en guerre avec leurs tribus. Elles étaient au contraire liées à lui par des traités, et, dépourvues d'industrie, achetaient aux commerçants de Mésie et de Thrace la plupart des objets nécessaires à la vie -. Mais on disait les Goths aussi « trompeurs et perfides » que les Germains 3. A tort ou à raison, leurs masses agglomérées le long du Danube semblaient une menace perpétuelle. On s'imaginait qu'un coup de force, les frappant de terreur, les réduirait pour quelques années au moins à l'impuissance. C'est ce que Valens tentera avec succès en 367 *. Hais Julien ne se contentait plus de victoires aussi modestes. Il commençait à subir la fascination de rOrient. Déjà le projet d'une expédition grandiose en Perse se dessinait dans son esprit. L'émule de Harc-Aurèle rêvait aujourd'hui d'Alexandre le Grand. « Je cherche des ennemis plus dignes de moi, » réponditil à ceux qui lui demandaient de renouveler au delà du Danube ses exploits de Germanie ^. Et, faisant allusion aux nombreux Goths mis en vente par les trafiquants de Galatie, qui étaient au quatrième siècle les plus grands marchands d'esclaves du monde romain ^ : « Ces gens-là,