Libanius, Monodia super Julianum
6. Libanius, Epitaphios Juliani; Reiske, L. 1, p. 577. Cf. bouts IT,
le succès de l’entreprise !. Le texte d'une de ces réponses a été conservé. « Nous, tous les dieux, dit un oracle, som- ‘mes prêts à porter des trophées près du fleuve féroce?. Je serai leur chef, moi, le violent et belliqueux Mars. » Cette plirase d’une rare platitude, et qui donne une idée médiocre de l'inspiration des devins ef des pythies au temps de Julien, a déridé le grave Tillemont : « la poésie n’en est pas moins ridicule, dit-il, quoiqu'on l’attribuât à Apollon, chef des Muses, que la prophétie s’en trouva peu véritable #. » Mais il importe encore de remarquer ici la prudence de l’oracle : 1l dit que les dieux porteront des trophées au bord du Tigre, mais il ne dit pas clairement auquel des deux belligérants seront destinés ces trophées. Les réponses de ce genre étaient presque toujours ambiguës, quoique le consultant les entendit ordinairement dans le sens de ses désirs. En mème temps que ces consultations officielles * étaient demandées au nom de l’empereur, d'autres lui furent offertes spontanément. Une foule de prétendus devins, empressés à
1. Libanius, Æpitaphios Juliani,; Philostorge, VIT, 15; Théodoret, II, 16. — Saint Grégoire de Nazianze raille ces réponses des oracles; Ora- PONS 20
2. Le « fleuve féroce » est ici mis pour le Tigre : Gñpx à motauoy tèv Téypw ovouasev. Théodoret, III, 16. — Cette étymologie donnée par l'oracle est toute grecque, car, d’après Quinte-Curce (Alex., IV, 9), Tigris en persan voudrait dire flèche, et le fleuve aurait été ainsi appelé à cause de l’impétuosité de son cours.