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Procope, De Bello Pers

2, Ammien Marcellin, XIV, 3.

. « Calones. »

rêter à Batna, il se dirigea en droite ligne sur Carrhes 1. Le récit de Zosime est différent. Cet historien rapporte que les habitants de la principale ville de l'Osrhoëne, Édesse, située à un jour de marche de Batna ?, envoyèrent une députation chargée d'offrir à l’empereur une couronne d’or et de solliciter sa visite. Il ajoute que Julien fit droit à leur demande et se rendit à Édesse?. Théodoret donne de ces faits la version la plus vraisemblable, et qui s'accorde au fond avec le récit d’Ammien : d’après lui, Julien aurait refusé de visiter Édesse, et laissé cette ville à gauche pour se rendre directement à Carrhes #, Le motif d’une disgrâce aussi marquée aurait été la foi chrétienne professée par tous les habitants d'Édesse 5. |

On sait que la conversion au christianisme d’Édesse et d’une partie de l’Osrhoène remonte aux temps les plus reculés, L’Évangile parait y avoir été prêché dès le premier siècle. Avant la fin du second, on trouve dans le pays des Églises constituées. Au commencement du troisième siècle, les Abgar ont fait de l’Osrhoène un royaume chrétien. L’annexion de celui-ci à l’Empire, sous Caracalla, ne changea pas la religion des habitants 6. Il y eut plusieurs fois des martyrs à Édesse. Au quatrième siècle, les enfants apprenaient, dans cette ville, à lire l’Écriture Sainte avant de commencer l’étude des auteurs profanes : c'était, nous dit un histo-

Ibid.

Procope, De Bello Pers., I, 11.

Zosime, III.

Théodoret, IT, 21.

. Ibid. ; et Sozomène, VI, 1 6. Voir Histoire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3° éd., p. 157, 177.

et NO me

rien, la coutume traditionnelle !: Julien avait déjà eu

l’occasion de montrer son mauvais vouloir envers cette

ville chrétienne. Malgré l'attachement à l’orthodoxie,

dont elle devait donner des preuves éclatantes sous

Valens ?, Édesse possédait, sous Julien, une communauté

arienne et une secte de valentiniens. Les ariens s'étaient

vraisemblablement emparés, au temps de Constance,

de la principale église, et en avaient usurpé les biens.

En 362 ou 363, ils eurent une querelle avec les valentiniens. Julien en profita pour saisir le patrimoine ecclésiastique et le faire servir aux dépenses de la guerre. Il écrivit, à ce sujet, une lettre curieuse au premier magistrat de la cité, Écébole. Elle commence par la plus tolérante des professions de foi. « Je veux traiter tous les Galiléens avec équité et douceur, de telle sorte qu'aucun d’eux n'ait à souffrir de violence, ne soit trainé dans un temple, ou contraint à quelque action contraire à sa volonté. » Suit un ordre de confiscation. « Ceux de l’église arienne, enflés de leurs richesses, en sont venus aux mains avec les sectateurs de Valentin, et ont commis à Édesse des actes tels qu’on n’en saurait voir dans une ville policée. Voulant donc, comme le porte leur admirable loi, qu'ils entrent plus facilement dans le royaume des cieux, nous avons ordonné que tous leurs biens provenant de l’église d'Édesse leur soient enlevés, pour être donnés aux soldats, et que leurs propriétés soient ajoutées à notre domaine privé, afin que la pauvreté les rende sages, etqu'’ils ne soient pas exclus du royaume des cieux,

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