Julien, Ep. 43; Hertlein, p
objet de leur espérance !. » Ce chef-d'œuvre d'ironie se termine par des menaces à la ville tout entière. « Aux habitants d’Édesse nous recommandons de s'abstenir de toute sédition et de toute querelle, afin que vous ne vous exposiez pas, en irritant notre clémence, à supporter la peine des excès communs, et à les expier par l'épée, par l’exil, par le feu ?. » L'auteur d’une telle lettre devait être peu disposé à rendre visite à la ville d'Édesse.
Carrhes, au contraire, était une cité selon son cœur. Le paganisme y dominait. Au temps même de Julien, le poète syriaque saint Ephrem encourage par ses hymnes l’évêque de Carrhes à tenter la conversion de ses concitoyens . Maïs ceux-ci résistèrent longtemps. En 381, Carrhes demeure, selon Théodoret, «un champ sauvage, tout hérissé des épines de l’idolâtrie #. » Quelques années plus ‘tard, « excepté un petit nombre de clercs et quelques moines, on ne rencontre dans la ville presque aucun chrétien : tout le monde y est idolâtre 5. » Le paganisme y a poussé de si profondes racines qu'au milieu du sixième siècle la plupart des habitants de Carrhes sont encore païens 6 : c’est peut-être le point de l’Orient romain d’où l’idolâtrie disparut le plus tard. Carrhes possédait un célèbre temple de la Lune, déesse particulièrement honorée dans ces contrées 7. Julien, dit Ammien,