Ibid
ler de tout, et de prétendre à toutes les supérioritésf. D’autres considéraient comme l'indice d’un esprit peu sûr les fluctuations de sa jurisprudence, les scrupules qui le portaient souvent à revenir sur son premier avis, et à changer de fond en comble, pendant la nuit, la solution d’un procès?. C’est un adversaire, saint Grégoire de Nazianze, qui nous donne ces détails : mais Julien luimême reconnait que les habitants d’Antioche ne le voyaient pas avec plaisir rendre la justice ?.
La ferveur païenne dont Julien fit montre à Antioche ne paraît pas avoir contribué à le rendre populaire, mème auprès des idolâtres. On lui était, de ce côté, reconnaissant d’avoir rétabli le culte des dieux : mais on trouvait qu’il y mettait trop d'ardeur, et se rendait trop encombrant.
« Mes amis et moi, disait-il, ne suivons ici qu’une seule route, celle qui mène aux temples des dieux#. » Même les pratiques païennes lui sont ainsi une occasion de marquer son opposition aux autres manifestations de la vie de la cité, et de se montrer faisant bande à part, en compagnie d’un petit nombre d'élus. Et il ajoute un correctif destiné à faire voir combien lui et les siens sortent peu de la solitude close où ils se confinent : « Encore cette route, dit-il, ne la prenons-nous que rarement. »
1. Iévro éautod diù œuorimiay moroûmevos. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 20. — N'est-ce pas ce qu'indique, avec l'intention de louer, le panégyriste Libanius, quand il dit que Julien « était un vrai Protée, faisant acte de prêtre, d'écrivain, d'augure, de juge, de général, de soldat, et, en tout, de sauveur ? » Epilaphios Juliani; Reiske, t. I, p. 580.
2, Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 20.
3. .… Yuds.. dmapéorer…. h mepl Tùc xpicets Av doyohia. Julien, Misopogon; Hertlein, p. 492.