‹ julien l'apostatChapitre 165 sur 229 · bid · texte numérisé non relu

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dont il reconnaissait les traits et la voix !, il ait été plus accessible encore, dans la crise terrible où il se trouvait, aux impressions de cette nature. Son cerveau fatigué lui montrait des fantômes. Durant la nuit qui précéda le 26 juin, il était couché dans sa tente, et n'avait point cherché le sommeil. Il écrivait « à l’imitation de Jules César, » mais, semble-t-il, sur des matières philosophiques?. Probablement son esprit repassait en même temps les années glorieuses, et, remontant jusqu'aux origines de son pouvoir, se rappelait cette autre nuit, « la nuit sacrée, » comme la nomme Libanius, où, dans le palais de Lutèce, le Génie de l’Empire s'était montré à lui. Soudain, il crut revoir le même génie, qui, la tête voilée, sa corne d’abondance également couverte d'un voile, sortait tristement de la tente. Un instant, Julien demeura frappé de stupeur; puis, surmontant son émotion, il se leva du tapis qui lui servait de couche, et, sortant au milieu de la nuit, offrit aux dieux un sacrifice « dépulsoire, » pour conjurer les menaces de l'avenir. Pendant le sacrifice, il lui sembla voir une sorte de torche lumineuse, qui, après avoir traversé une partie du ciel, se dissipait dans l’air. Aussitôt il reconnut dans cette étoile filante l’astre de Mars irrité. Dans son épouvante, il fit venir les haruspices, avant que le jour fût levé. Il leur demanda quelle sinistre nouvelle annonçait ce présage. Les haruspices répondirent qu’il fal-

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