Voir t. I, p
lait éviter avec le plus grand soin d'engager une action militaire ce jour-là. A l'appui de leur consultation, ils ouvrirent le livre de Tarquitius sur l'interprétation des signes !, et montrèrent le texte du chapitre « Des choses divines, » interdisant tout combat ou tout acte semblable quand un flambeau avait été vu dans le ciel. Julien repoussa avec humeur ces avis timides. Les haruspices le supplièrent alors de différer au moins de quelques heu res la marche de l’armée. Mais il refusa encore, « plus rebelle que jamais à la divination officielle ?. » Dès l'aube il donna l’ordre de lever le camp. Il est probable que la disette croissante, l'espoir de se ravitailler en route, l’emportèrent dans son esprit sur toute autre considération, et vainquirent la superstition elle-même.
Les Perses laissèrent l’armée s’ébranler : ils avaient été trop souvent battus pour s’exposer sans nécessité à des combats inutiles. Mais ils savaient le mal qu'ils faisaient aux Romains par de fréquentes escarmouches. Ils continuèrent cette tactique. Ils se contentèrent de marcher parallèlement à l’armée romaine, suivant, de la crète des collines qui bordaïent la route sur la droite, tous ses mouvements, ne lui laissant pas un instant de repos, et, de ces hauteurs d’où il lui eût été impossible de les déloger, se tenant prèts à fondre sur elle au moment opportun. Les légions, occupées à protéger con-