‹ julien l'apostatChapitre 168 sur 229 · Cf. Macrobe, Sat., IL · texte numérisé non relu

Cf. Macrobe, Sat., IL

2. ( Imperatore omni vaticinandi scientiæ recalcitrante. » Ammien Marcellin, XXV, 2.

3. Nous ignorons les sources où saint Grégoire de Nazianze a pris les détails qu'il donne sur la guerre de Perse; mais il est toui à fait d'accord avec Ammien sur la manière dont les Persans combattaient les Romains : Q5 DE npoïévrt Iepouxà Gdvauts mapapaveion, xa del Tic Th oÙcy TLOGYLVO- Hévn, xaTà petwrou Levy loracdar, val Draxrvduveberv oÙx pero detv Diya ue

tinuellement leurs flancs, marchaient en un carré, que les inégalités du terrain, sur la rive escarpée du Tigre, rompaient souvent, laissant alors entre les diverses parties de l’armée de grands espaces vides. Julien, sans cuirasse, parce que l’excessive chaleur le fatiguait, courait de rang en rang, ralliait ses soldats, surveillait leur marche, l'œil ouvert à tout, ne se donnant pas un moment de repos. Pendant qu'il se dirigeait du côté de l’avantgarde, on vint l’avertir que l’arrière-garde était vivement pressée par les Perses. Oubliant qu’il n’avait pas de cuirasse, et saisissant un bouclier, il y courait, quand il apprit que l'avant-garde était attaquée à son tour. Il allait revenir vers elle; soudain, il s’aperçut que la cavalerie persane et les éléphants, ayant tourné la queue de l’arméé, se jetaient maintenant sur l’aile gauche. Celle-ci, effrayée surtout par les rugissements et l'odeur des éléphants, pliait déjà sous la grèle des flèches et des javelots. Julien s’élance, suivi de l'infanterie légère ! : il rétablit le combat : ses fantassins coupent les jarrets de plusieurs éléphants, qui tombent comme des masses : les Perses tournent bride, poursuivis par Julien, qui, levant la main, poussant des cris, excitait contre eux ses soldats. Il s’approchait souvent si près des fuyards, que les cavaliers de sa garde, qui, dispersés par une première panique, s'étaient enfin ralliés autour de lui, lui criaient de ne pas s’exposer davantage. « Ils savaient, dit Ammien, qu'il y a des fuites dangereuses pour le poursuivant, et que le faîte d’un édifice croulant

yédns &vayens, Évov 2x meptouoias xpareïv Êx D Tv ÀdpY xaÙ TOY GTEVOY mapeixot, Bélouox xai roËebouox xai Ta xaipio the DL6oU npoxata au ÉavoUca, fadiw eloye Toù mpdow. Oralio V, 10.

1. « Nostra succinctior armatura. » Ammien Marcellin, XXV, 8. JULIEN L'APOSTAT. — IN. 18

écrase souvent sous ses décombres celui-là même qui vient de l’ébranler!. » Soudain, le javelot d’un cavalier? effleure en sifflant le bras de Julien, s'engage entre les côtes, et s'enfonce dans son foie. Julien essaie d’arracher la lame à double tranchant, et se coupe les doigts de la main droite : évanoui, il tombe de cheval ?.

On s’est demandé d'où partait le coup. Les uns ont dit que Julien avait été frappé par un prisonnier barbare, moitié fou, moitié bouffon #. D’autres ont attribué sa blessure à l’irritation d'un soldat, mécontent d'une parole maladroite de l'empereurÿ ou exaspéré des souffrances de l'expédition. Libanius en accuse formellement « ceux qui ne vivaient pas selon les lois » et « refusaient d’honorer les dieux, » c’est-à-dire les chrétiens 7, qui, selon lui, « ayant déjà essayé sans succès d’attenter à sa vie 8, » avaient trouvé l’occasion propice” : il dit que Julien fut frappé « par ruse et trahison 1, » Probablement

2. « Equestris hasta, » 1bid. — Acov 5 irréws. Libanius, Epilaphios Juliani ; Reiske, t. I, p. 589.

3. Ammien Marcellin, £. €. ; Libanius, {. c.; Zosime, IT; Zonare, XIII.

5. Ibid. — Le propos, très peu vraisemblable, est celui-ci : Julien, passant la revue de son armée, se serait écrié : « Quel malheur si nous revenions tous au pays des Romains! v Mal interprétée, cette parole aurait

allumé le ressentiment d'un soldat, qui aurait attendu et saisi l'occasion de s'en venger.

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