‹ julien l'apostatChapitre 186 sur 229 · Ep · texte numérisé non relu

Ep

rer d'eux les renseignements dont il avait besoin 1.

Plusieurs, cependant, parmi ceux qui avaient suivi Julien dans ses guerres, le regrettèrent sincèrement. Mais on ne pouvait attendre de tous la douleur violente, bruyante, personnelle, dont Libanius donna l'exemple. Ammien, qui parait avoir été plutôt pour Julien un loyal serviteur qu’un ami, et qui, bien que moins impartial que d'habitude dans le récit des derniers épisodes de la guerre de Perse, représente généralement l’esprit modéré et le jugement demeuré libre du paganisme occidental, s’affligea surtout en voyant disparaître la personnification la plus brillante des anciennes idées, le seul des tenants de l’hellénisme qui depuis un demisiècle ait vraiment remué le monde et fait figure de héros 2. À Rome, où les diverses tentatives de Julien avaient excité autant de défiances que de sympathies, on rendit à sa mémoire les honneurs accoutumés : le sénat se hâta de lui décréter l’apothéose #. Mais quelques païens semblent avoir éprouvé de sa mort une impression singulière. Saint Jérôme, alors âgé de dix-sept ans, suivait, probablement à Rome, les cours d’une école de grammaire, quand il entendit un de ceux-ci dire, avec un accent railleur qui cachait apparemment quelque trouble : « Comment les chrétiens prétendent-ils que leur Dieu

Page 1