‹ julien l'apostatChapitre 185 sur 229 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ma vie à glorifier la mémoire du héros !. Il se mit tout de suite à l’œuvre, puisqu'il avait écrit, dès le mois de juillet, une courte lamentation sur la mort de Julien ?: mais probablement la lut-il seulement dans un cercle d'intimes, car cette « monodie » contient l’expression d'une douleur si violente, d'un regret si passionné, des paroles si vives sur la perte irréparable faite par le monde romain, qu'il n’eüt pas été prudent de la publier sous le nouveau règne. Plus à loisir, il commenca aussitôt après la composition d’une seconde oraison funèbre, qui prit les proportions d'une véritable biographie 5. Surtout il ne cessa d’épancher sa douleur dans le sein des amis demeurés fidèles au souvenir de Julien. Beaucoup de ses lettres de 363 sont adressées à ceux-ci, et leur rappellent les jours heureux qui sont maintenant passés pour toujours *. Mais, dès cette époque, une des peines les plus vives de Libanius fut de voir combien, parmi les anciens fonctionnaires ou les anciens compagnons d'armes de Julien, était petit le nombre de ceux qui « honoraient encore le mort, » et s'occupaient d’autre chose que de leur intérêt personnel ÿ. Pour le discours qu'il composait, il avait, dit-il, grand’peine à ti-

1. Libanius, De Vila (Reiske, t. I, p. 91, 92); Monodia (ibid., p. 521).

2. Monodia super Julianum, movpôta ënt ‘’loulav&; Reiske, {. 1, p. 507-521. — Dans ce discours, qui suivit de tout près la mort de Julien, Libanius n’impute pas encore celle-ci aux chréliens : « Quel dieu, dit-il, lança contre lui cet audacieux cavalier? qui dirigea ce javelot contre ses flancs? »

3. Epitaphios Juliani, éruräpros Ent Touhiavé ; Reiske, t. I, p. 521-626. — Ce discours ne fut terminé que vers 368 ou 369; Sievers, Das Lebcn des Libanius, p. 203.

4. Libanius, Ep. 1030, 1059,1061, 1062, 1071, 1179, 1294, 1350, 1472,

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