Hertlein, p
2. « L'artifice dont Julien se servit contre l'évèque de Bostra est un acte d'hypocrisie, qui entache son caractère.» Negri, l’Imperatore Giuliano l’Apostala, p. 319.
3. Cela me paraît résulter de Socrate, II, 25. Cependant Tillemont n'ose l'affirmer.
seils de tolérance adressés aux païens aient été mieux écoutés. Ceux-ci, qui savaient apparemment lire entre les lignes, reconnurent tout de suite que l’empereur n'exigerait pas avec sévérité qu'ils fussent suivis. Deux lettres de Libanius, dont nous parlerons plus loin, montrent qu'il y eut encore des faits de persécution à Bostra, avec la connivence des autorités.
On a remarqué les paroles haïneuses de Julien au sujet des « morts, » de leurs « reliques, » des « tombeaux, » comme il appelle souvent les églises chrétiennes. C'est vers le temps même où il publia son rescrit aux Bostréens, que sont signalées les premières profanations de reliques des martyrs. Lui-même dit que, pendant son séjour à Antioche, il avait donné l’ordre « de détruire tous les tombeaux des athées, » et que cet ordre fut exécuté avec une violence qui dépassait ses intentions !. Saint Grégoire de Nazianze précise cet aveu, en disant que les païeus mirent le feu aux sépulcres des martyrs, en même temps qu'ils brülaient les corps de ceux-ci, mèlés par dérision aux plus vils ossements, et jetaient au vent les cendres ?. Ce détail fait particulièrement allusion à un fait, célèbre dans l’antiquité, qui se passa vers le mois d'août. Les reliques de saint Jean-Baptiste, conservées, dit-on, à Samarie, furent exhumées par les païens : on les mélangea à des os d'animaux, et on les réduisit en cendres ?. On raconte
1. Tods tévous D rov aféwy dvétpebay névras, ämd roù ouvÜmatoc, 0 dÀ Sédotar map’ éuoùd xpwnv. Julien, Misopogon; Hertlein, p. 466.
3. Rufin, 11,28; Théodoret, I, 3; Philostorge, VII, 4; Chronique d'Alexandrie (Migne, Patr. græc., t. XCII, p. 295). Saint Grégoirede Nazianze fait peut-être allusion à cette profanation dans Oralio V, 29.
que le tombeau et les reliques du prophète Élisés furent profanés de la même manière !. Les chrétiens parvinrent à sauver quelques débris de celles de Jean- Baptiste : ils furent envoyés à saint Athanase, qui à ce moment n'avait pas encore quitté Alexandrie, et les déposa avec respect dans la muraille d'une église de cette ville ?.
Les réformes administratives et économiques auxquelles s’'appliqua Julien durant son séjour à Antioche sont de diverses sortes. Autant que nous en pouvons juger, il y en eut d’utiles que la population, prévenue contre lui, accueillit assez mal, mais qui paraissent avoir été inspirées par le désir sincère d'améliorer la situation de la ville.
Onse souvient que, peu de temps avant d'être entré à Constantinople et d'y avoir pris les rênes du gouvernement, Julien avait accordé à la députation d’Antioche qui lui apportait la couronne votée par les citoyens l'augmentation du sénat par l'élection de deux centsnouveaux curiales?. C'était le moyen de rendre moins lourdes à la classe moyenne, à la bourgeoisie de la ville, les charges municipales en les partageant entre des membres plus nombreux. La question du recrutement des curiales continua de préoccuper Julien, quand il prit résidence dans la capitale de la Syrie. IL dut intervenir