Neumann, p
2. Socrate, VII, 27. — Sur Philippe de Side, voir Tillemont, Histoire des empereurs, t. VI, p. 130; Mémoires, L. XII, p. 431.
3. Saint Cyrille, Contra Julianum, épitre dédicatoire à Théodose.
puissant à Alexandrie, même après la destruction du Sérapeum et les lois de Théodose. Si l’on ajoute que l'un des plus célèbres parmi les docteurs qui répondirent à Julien était Théodore de Mopsueste, suspect de nestorianisme aux yeux de Cyrille, — et que dans les réfutations de Théodore de Mopsueste et de Philippe de Side se retrouvait probablement l'influence de saint Jean Chrysostome, dont la mémoire fut longtemps pour Cyrille l'objet de défiances injustifiées, — on s’expliquera les circonstances locales et personnelles qui amenèrent celui-ci à s'attaquer encore au livre de Julien, apparemment moins oublié à Alexandrie qu'ailleurs, et à essayer de remplacer par une nouvelle réfutation celles qui avaient eu cours jusque-là !.
En Occident, ce livre ne suscita, de la part des écrivains chrétiens, ni protestation ni réponse. La tournure d'esprit de Julien, sa façon de raisonner et d'écrire, élaient si éloignées des habitudes intellectuelles de l’Occident, que même sur les païens de cette partie de l’Empire son influence demeurait à peu près nulle. Quand Symmaque prend officiellement devant les empereurs la défense du paganisme, il est facile de voir à son langage que les idées de Julien n'ont point eu de prise sur son esprit. IL traite en Romain les questions que Julien avait traitées en Grec ou plutôt en Asiatique. D'ailleurs, la tactique des représentants les plus distingués du paganisme latin, au quatrième siècle, était
1. Il se peut aussi que Cyrille qui défendit avec tant d'ardeur contre Nestorius le Litre de 0eotéxoc donné à Marie, ait voulu venger plus énereiquement que n'avaient fait ses devanciers la maternité divine contestée par Julien à la sainte Vierge.
d'ignorer le christianisme, non de le combattre !. Aussi les païens ne se soucièrent probablement pas de répandre le livre de Julien, et l'opinion chrétienne, prise en masse, l'ignora. Seuls les exégètes de profession, comme saint Jérôme, eurent la pensée de le lire : et encore celui-ci ne le lut-il peut-être que pendant son séjour en Orient. « Si j'essayais d'y répondre, tu ne me le permettrais pas, » écrit-il de Palestine au rhéteur romain Magnus?. Ce mot d’un homme qui ne reculait devant aucune controverse, pour peu qu'il la jugeât utile, montre qu'aux yeux de Jérôme, comme à ceux de son correspondant, l'écrit de Julien paraissait peu redoutable.
1. Cf. Beugnot, Histoire de la destruction du paganisme en Occident, t. I, p. 278; Boissier, La fin du paganisme, t. II, p. 242.